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Les Murs d'Avignon

C'est la première fois que je suis allée à Avignon. Pourtant, j'en rêvais depuis très longtemps, surtout pendant mes années de théâtre. Mieux vaut tard que jamais dit-on. J'ai vu quelques spectacles du OFF, que j'ai fort aimé : Isabelle 100 Visages, Tschüss!! Bunny, Il était une fois les langues... Et bien entendu, mon choix a été déterminé avant tout par une affiche... 

Les murs d'Avignon sont richement décorés pendant le festival. C'est coloré, mélangé, parfois effrayant, mais souvent fascinant à observer. Au milieu des murs aux centaines d'affiches, on pouvait trouver des affiches solitaires, sous une fenêtre, accrochée à un lampadaire, emprisonnée mais visible...   

Tandis que je photographiais ce mur ci-dessous aux affiches doublement placardée aux couleurs jaune, rose et bleu - les couleurs me plaisaient et j'aimais le contraste avec le mur, une jeune femme qui passait dans la rue m'a dit "C'est un très beau spectacle, je vous conseille d'y aller", je l'ai remerciée en souriant, elle a ajouté "Vraiment, il est magnifique". Alors je n'ai pas hésité. Je suis allée voir Isabelle 100 visages le soir même. Je n'ai pas regretté (je vous en parle dans ce billet). 

C'est assez fascinant de voir la créativité avec laquelle les festivaliers contournent les interdictions d'affichage ou arrivent à se faire remarquer parmi ce flot d'affiches. Et je les comprends, c'est assez difficile pour un visiteur de choisir. Le bouche à oreille est ce qui fonctionne le mieux m'a-t-on dit. Les rencontres aussi. Et puis les affiches aident. C'est en voyant celles de Tchüss!! Bunny et Il était une fois les langues que j'ai décidé d'aller voir ces spectacles. Dans le premier, le titre était écrit en plusieurs langues, et le titre du second était assez explicite : les deux spectacles avaient pour thème principal les langues... impossible pour moi de les rater.  

J'ai trouvé les murs d'Avignon magnifiques. Les moindres détails, les fissures, les ombres d'affiches ou d'arbres que j'ai tenté de capturer sous une chaleur parfois intenable.  Et il n'y avait pas que les murs... 

Et parfois pas plus d'explications que ça... 

Une simple fissure suffit pour qu'émerge une invitation... 

Et à deux pas de chaque interdiction, des affiches, des affiches, et encore des affiches... 

Les lucioles de Claire Tabouret

Très bel entretien vidéo de l'artiste Claire Tabouret par Hugo Vitrani sur Mediapart

J'aime particulièrement ce qu'elle dit sur Sebald :

Mes peintures viennent d’un manque, et c’est là que je me retrouve dans l’écriture de Sebald et son rapport à l’image. Sebald ponctue ses romans d’images photographiques qu’il met en page, des images pauvres, floues, noir et blanc… Ce manque d’information crée un désir obsessionnel, on a toujours envie d’aller au-delà, voir derrière. Sebald le fait par l’écriture, moi par la peinture. J’accumule sans cesse beaucoup d’images, et la peinture se déclenche lorsque surgit une part d’interrogation, lorsque je ne peux plus m’en débarrasser. (…) Je peins ce que je ne vois pas.
— Claire Tabouret

Très intéressant aussi, son expérience sur la mer en 2011, tandis qu'elle était en résidence à la Friche Belle de Mai à Marseille, Claire Tabouret prend la mer entre Marseille et Alger pendant des mois sans mettre pied à terre. Elle exprimera son expérience en peinture. 

À lire aussi chez Publie Net : L'espoir des spectres de Léa Bismuth (texte) et Claire Tabouret (illustration), 2013.