Sur Wajdi Mouawad

Amsterdam, de nuit Lundi soir dans Hors-champs, Laure Adler recevait le metteur en scène, comédien et auteur Wajdi Mouawad. Dans la première partie de l’émission, Mouawad raconte l’exil de ses parents, son apprentissage de la langue française et de sa propre langue poétique, de la transmission, de l’importance de la lecture qui l’a accompagné dans cet apprentissage -notamment de la bande dessinée, ainsi que des chanteurs populaires comme Brel ou Ferré. En voici quelques extraits.

J'ai commencé à mesurer la schizophrénie qui existait entre le silence brisé grâce à la littérature et le silence opaque de la famille dès que je refermais le livre.

J'ai voulu rendre plus transparent cette opacité, qui était le silence de ma famille.

...

...silences dus aux douleurs, aux souffrances vécues par mes parents, par la génération de mes parents et qu'il y avait une impossibilité de raconter à ma génération ce qui c'était passé.

Sur la question de la transmission et de l'importance de se souvenir de la puissance de la parole il dit :

Transmettre c'est faire ressentir,... c'est illuminer la conscience de l'autre.

Et sans doute la partie que je préfère, celle où il raconte sa découverte des langues (le français, son arche langagier, ...) et ce lien entre chaque découverte et son propre éloignement :

Je découvrais la langue française en France, je découvrais le théâtre au Québec, je découvrais une nouvelle langue française au Québec, j'en construisais une nouvelle langue poétique qui était la mienne... Tout ça devenait très étranger à mes parents, comme si je partais en fugue.

Plus on partait en exil plus moi je partais en fugue.

Vous pouvez écouter le podcast dans son entièreté ici : Hors-champs, Wajdi Mouawad.