Ouvrir, enfin

Push (Charles Rennie Mackintosh), Glasgow School of Art. Photo: Erinç Salor
Push (Charles Rennie Mackintosh), Glasgow School of Art. Photo: Erinç Salor

Ce n'est pas pour rien que ce blog a mis des années à apparaître. Longtemps je me suis cachée derrière les autres : d'autres textes, d'autres langues, d'autres créations, ... souvent aussi aidant ces "autres" à être vus, notamment à travers le web. Car des sites et des blogs, j'en ai eus, j'en ai édités pas mal, et je continue à le faire. Mais j'ai ressenti le besoin d'avoir un espace de travail à moi, en français, séparé de mon site de présentation (multilingue), plus "ouvert" à la lecture et à l'échange.

La traduction joue un rôle primordial dans mon exercice d'écriture. Car traduire, c'est écrire. Et pour moi, il y a l'aspect linguistique tellement lié à mon identité culturelle. Le turc m'est essentiel. Le transformer en français m'est inévitable. Ce travail là aussi, j'avais mis beaucoup de temps à le montrer. Il est bien présent et je ne veux plus me cacher derrière.

Mes propres textes, je les ai souvent cachés, dans mes tiroirs, dans mes dossiers. Je les ai envoyés à quelques lecteurs inconnus, eu quelques retours froissants. Et puis un jour, c'est la rencontre avec François Bon. Suite à une première lecture de mes nouvelles, François m'a suggéré de lire Charles Juliet, et plus précisément Lambeaux. Il m'a dit qu'il y a quelque chose dans ce que j'écris mais qu'il faut encore creuser. J'ai creusé, creusé, et entre temps on a fait Meydan | La PlacePuis arriva OUVREZ. Cette fois-ci, je ne pouvais plus me cacher derrière les auteurs que je traduisais, j'étais là avec mes textes, les miens. Je me suis sentie nue lors de la parution de Il y avait quelqu'un, il y avait personneCe jeu entre fiction et réalité, cette recherche d'une certaine vérité, une exploration de la mémoire... j'y pense chaque jour et ce blog va m'aider à l'explorer encore plus profondément.

Maintenant, j'ouvre réellement le champ : ici c'est mon labo, mon espace de travail.

Je suis ainsi les pas d'autres auteurs que je lis avec beaucoup de plaisir et de qui j'apprends tant. Pour n'en citer que quelques-uns... Aux bords des mondes de Isabelle Pariente-Butterlin, Les Tentatives de Christine Jeanney (et quel bonheur de travailler avec elle sur les textes de Meydan | La Place), Les déboîtements de Christophe Grossi, La Grange de Karl Dubost, Fuir est une pulsion de Guillaume Vissac, Liminaire ... et bien sûr le Tiers Livre de François Bon. Il y en a beaucoup d'autres que je lis, et je m'excuse de ne pas tous les citer ici. Une liste plus complète créée par François Bon se trouve ici.

Vous avez dit Ouvrez, alors j'ouvre...